Un jour, c’était un samedi, je suis allé au lycée pour m’occuper quelques heures avec un stylo.
C’était pour un devoir institutionnel d’économie avec comme sujet passionnant de synthèse :
« Montrer que la concurrence peut être bénéfique, mais que ce n’est pas toujours le cas. »
Mouarf ! Le sujet en or me suis-je dit. Je suis donc parti tout seul dans une dizaine de pages d’écritures. Après tout, j’avais du temps à tuer, et ma prof aussi vu qu’elle nous avait quand même fait venir un samedi matin, alors je lui ai collé une bonne tartine de made in PiT et la note ne s’est pas fait attendre :

C’est vrai que ses « mécanismes économiques » j’en avais un peu rien à foutre et que je me suis surtout défoulé sur tous les aspects négatifs en amplifiant au maximum ce qui m’a valu pas mal de petites remarques sympathiques dans la marge dont une que je vais mettre en pratique :

T’as rien vu encore…
Alors, en l’honneur de mon ex-prof d’éco qui m’a supporté au fond de la classe pendant un an (et peut être un de plus ? gniark gniark gniark !) je lui dédicasse spécialement un véritable film en tenant compte cette fois ci un peu plus des « mécanismes économiques ». Avis aux économistes donc, (ah… j’ai peut être été un peu influencé par le BAC de SVT aussi…) ceci est pour vous :

Au début, il y avait le néant.
Puis, par la volonté d’une chose obstinée, coriace et déterminée il y eu le big-bang. (my baby shot me down…)
Suite à cette jouissance du néant, cette explosion du vide, il y eu la vie.
Une petite planète bleue a jailli, telle une fleur qui fleurit, pour accueillir dans son univers minéral, un monde animal et végétal.
Quelques milliards d’années par ci, quelques milliards d’années par là, et voici qu’une vie organisée s’installe naturellement en un écosystème équilibrée dans ce biotope que représente la Terre.
Dans cette biocénose, c’est-à-dire l’ensemble des êtres vivants, existe des rapports relationnels de différentes natures, ils sont principalement de l’ordre de la compétition, de la prédation, du parasitisme ou bien de la symbiose.
La symbiose est assez rare, elle résulte de l’interdépendance entre deux espèces qui ne pourraient survivre l’une sans l’autre : par exemple certains champignons associés à des conifères.
Celui qui nous intéresse le plus est la prédation car il représente le cas le plus fréquent et le plus apparent dans les écosystèmes. Il consiste simplement à l’opposition dans un même milieu d’un prédateur à un maillon inférieur de la chaîne alimentaire, c’est-à-dire un lieu où les « mangeurs » rencontrent les « mangés ». Ainsi les moutons sont mangés par les loups.

C’est ce système qui nous fait dire que la nature est cruelle. Les êtres inférieurs sont mangés par des êtres supérieurs. Dès la naissance, les animaux sont étiquetés avec deux mentions « mangeur » ou « mangé » et bien souvent leur destin s’exécute sous leur regard impuissant.
Cruelle ? La nature est cruelle parce que ces animaux meurent et que d’autres vivent du malheur de ceux-ci ?
Mais elle n’a rien de cruelle, quoi de plus naturellement interprété que le théâtre de la nature ?
Tout est organisé de façon équilibrée et proportionnée. Le maillon le plus bas de la chaîne étant le maillon le plus important par sa quantité autant que pour son rôle fonctionnel en ce qui concerne de reste de la chaîne, il constitue la réserve principale d’énergie qui sera distribué à travers chaque maillon de la chaîne alimentaire. Ainsi, chaque niveau trophique supérieur est proportionnellement inférieur au niveau précédent de la chaîne. Il y a donc beaucoup plus de moutons que de loups. Quoi qu’il arrive, tout va pour que la vie continue à proliférer et ce sans aucune perturbation. Certaines espèces se sont éteintes parce qu’elles étaient trop faibles, ce qui nous amène à la théorie de Darwin sur la sélection naturelle. Mais en fin de compte il y a des morts, des « mangés » certes… comme dans notre société ? Dans ce cas, n’est-ce pas la vie qui est cruelle…? Bref…

Voilà qu’un jour, ce qui n’était que débris de singe débile d’australopithèque à la con est venu évoluer en un être doué d’une « intelligence » et d’une « conscience » et qui s’est tout de suite plu à déséquilibrer ce système naturelle en le perturbant de ses doigts de fée. Ainsi l’apparition de cet être prétentieux est venu bouleverser toute la vie et toute sa progression. Il est venu, il a foutu, il a mouru. Mais avant, il a quand même foutu…
Alors aujourd’hui, qu’en est-il ? Voici où je voulais en venir.
Prenons un exemple simple : la chasse.
Outre sa présence qui constitue déjà une nuisance au monde animal (et qui pourrait peut être justifier la chasse ?) l’homme chasse, comme il a toujours chassé. Au départ, c’était avec un bâton et une pierre, aujourd’hui c’est avec des fusils (et des douilles) et un arsenal de technologies qu’il se lance à la poursuite de ses proies. Le problème c’est qu’il ne chasse plus pour survivre seulement mais pour accumuler des réserves, les vendre, en tirer du profit, ou bien même par plaisir en le masquant par des motifs écologiques du genre « Nous rétablissons l’ordre et l’équilibre dans la nature » (quand je disais qu’il était un peu prétentieux)
Résultat, il déséquilibre encore plus ce système écologique qui devrait normalement s’auto équilibrer.
En effet lorsqu’il y a des déséquilibres, deux cas se posent alors :
(Pour plus de facilités nous continuerons à prendre nos loups et nos moutons pour mieux s’imager la chose.)
Loi du loup et du mouton :

Cette théorie libérale de l’autorégulation de la nature vient donc s’opposer à ces Hommes néo-classiques qui considèrent que leur rôle est de corriger les imperfections de la régulation de la nature.
Selon certains théoriciens ayant fait une analyse comme Fiendnatureman, l’inflation même de certaines espèces serait du à l’intervention de l’Homme et par conséquent trop de ses interventions seraient nocives à la nature. En clair, plus l’Homme essaie de réguler la nature, plus il la déséquilibre.
L’Homme est donc néfaste à la nature et à son équilibre naturel.
Nous pourrions aussi nous intéresser au cas de la compétition, évoqué plus haut dans les rapports relationnels entre espèces (interspécifique) où à l’intérieur même des espèces. (intraspécifique)
Deux êtres vivants entrent en compétition lorsqu’ils se disputent une même ressource, qui bien souvent se trouve en quantité insuffisante dans le milieu.
Des études expérimentales ont été réalisées en 1935 et elles ont conduit à admettre que deux espèces qui avaient exactement les mêmes besoins ne pouvaient pas cohabiter et que dès lors, elles entraient en compétition. C’est l’espèce supérieure qui selon cette réalité cruelle qu’est la vie fini par éliminer l’espèce inférieure.
Mais encore une fois, les Hommes, pour justifier leurs actions perturbatrices sur la nature qui entraînent un profond déséquilibre, sont venu tenter de masquer leurs méfaits en les cachant derrière une théorie utopique censée nous faire croire au bon fonctionnement des interactions entre les différents agents naturels.
Ce sont toujours ces Hommes néo-classiques, fervents défendeurs de l’intervention de l’Homme sur la nature, qui ont avancé cette théorie de la compétition pure et parfaite.

Zyva, je dis ce que je pense…
Celle-ci se baserait sur 5 principes fondamentaux visant à prouver un équilibre pur et parfait au sein de la nature :
• L’atomicité de la nature : c’est-à-dire un grand nombre d’espèces vivantes réparties équitablement sur les différents maillons de la chaîne alimentaire. Ce premier point exclu donc tout super prédateur pouvant influer à lui seul sur un écosystème, ce qui n’est bien évidemment pas le cas avec l’Homme.
• L’homogénéité des espèces : ceci avance que toutes les espèces doivent être homogènes, c’est-à-dire qu’elles puissent bénéficier des mêmes chances de survies, et qu’au yeux des autres espèces, aucune différence ne puisse transparaître. Un mouton ressemble-il à un lion…?
• La libre entrée sur l’écosystème : tout agent biologique, quelque soit sont espèce devrait être capable d’intégrer n’importe qu’elle écosystème et de s’en retirer comme bon lui semble. Cela impliquerait que toutes les ressources nécessaires soient présentes partout et en abondance et qu’il n’y aurait aucune barrière ou aucun obstacle à l’implantation d’une espèce dans un milieu. Tout agent biologique devrait avoir la possibilité de manger ou d’être mangé par qui il veut. Ainsi, une fourmi devrait pouvoir aisément manger un lion.
• Transparence des écosystèmes : les écosystèmes devraient être transparents, c’est-à-dire que les informations concernant les différents acteurs biologiques, les espèces, les moyens de prédation, leurs défenses et tous ces renseignements visant à connaître parfaitement une unité vivante devraient être accessible à tous. Hors seul l’Homme bénéficie de ce privilège.
• La mobilité des acteurs biologiques : c’est-à-dire que chaque espèce devrait avoir la possibilité de migrer vers le milieu ou sa survie est la mieux garantie, où elle pourrait le mieux subvenir à ses besoins naturels en fonction des ressources présentes.
Il suffirait qu’une seule de ces 5 conditions ne soit pas remplie pour que la compétition soit alors imparfaite, anarchique, et qu’elle repose sur la loi du plus fort. Ce qui serait intéressant avec cette théorie, ce serait plutôt de trouver au moins 1 condition qui soit remplie.

Ouais, c’est ce que je dis…
Sachant que l’Homme vient encore déséquilibrer tout l’ordre naturel de la biocénose soit en s’imposant comme un monopole dans la nature en se permettant de modifier à son goût « les imperfections » de celle-ci soit en usant de tous les avantages qui font de lui un super prédateurs capable de mettre en danger toutes les espèces y compris la sienne.
Tout ça pour en venir à une chose. L’Homme est venu bouleverser tout un système par sa présence en voulant favoriser son propre avantage par rapport à celui des autres.
On dit que la nature est cruelle… Mais la nature n’est pas consciente de ses agissements, elle se développe par instinct.

Mais l’Homme ? N’est-il pas conscient de ses agissements ? N’est-il pas doté d’une intelligence…?
A moins que cette intelligence ne soit qu’une illusion visant à masquer un instinct de préservation de sa survie identique à celui des animaux.
L’Homme ne serait donc qu’un animal comme un autre… Un loup ? Un mouton peut-être…
Et si notre société n’était qu’un écosystème de plus… ?
THE END

Il n’empêche que, si j’ai appris quelque chose avec ce devoir, c’est qu’il ne faut jamais traiter un économiste d’illuminé quand on a une prof de SES qui a fait une fac d’éco…

« L’homme est un loup pour l’homme »
Thomas Hobbes
12 ans plus tard, toujours pas d’économiste illuminés.
Peut-être un peu plus d’économistes « illuminati ».
En tous cas, 5 ans plus tard, se soulevaient les « attérrés », à défaut d’avoir pu rejoindre cette fameuse lumière dans le monde contemporain :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Économistes_atterrés
http://www.atterres.org